29.11.2009

Des liens déliés

Avec en moyenne un message par mois, on ne peut pas dire que le renouveau de mon blog soit un succès niveau écriture... Je pensais que j'aurais plein de choses à dire avec ma nouvelle vie, mais finalement elle m'accapare tellement que je ne trouve pas le temps d'écrire. C'est sans doute bon signe. Cela signifie peut-être qu'elle est plus remplie que celle d'avant, et qu'elle me correspond davantage.

Je me rends compte que je suis dans une phase d'entre-deux. Je me sens dans le passage d'un avant et d'un après, d'un j'étais et d'un je serai. Comme un renouveau dans une nouvelle ville, sans nécessairement le vouloir, je me suis rendu compte, en l'espace de quelques mois, que j'avais éloigné de moi - volontairement ou involontairement - des connaissances. La réciproque est aussi vraie. Autour de moi, un nouveau cercle se crée. Un peu comme dans une série télévisée, certains personnages disparaissent du générique, d'autres y entrent. Les rôles secondaires pourraient se voir attribuer de l'importance, et le scénario intègre de nouveaux acteurs. Et puis il y a ceux qui deviennent figurants, qu'on le veuille ou non, parce que les chemins se séparent, indéniablement.

Les gens changent, moi inclus. Je suis parfois nostalgique d'une période, mais rarement des personnes qui y sont associées. Je repense à ces personnes que j'ai croisées, quelques heures, quelques jours, quelques mois. Le temps a fait le reste. On évolue, on change - un peu, beaucoup - et les liens tissés se décousent. Il faut l'accepter, je crois, sans être fataliste. Le rapport aux autres n'est qu'une succession d'éloignements et de rapprochements.

Les réseaux sociaux rapprochent, veut-on nous faire croire, et font se retrouver des gens qui s'étaient perdus. Mais faut-il courir après un passé révolu? Faut-il vouloir retrouver ceux que l'on a laissé en route un jour ou qui sont partis sans un mot? Parfois, peut-être, faut-il donner un coup de pouce au destin pour lever les non-dits, repartir sur d'autres bases. Mais souvent, il me semble, les chemins de chacun sont si différents, aux antipodes l'un de l'autre, que hormis le passé rien d'autre ne peut unir ces deux personnes. Les amis de collège, perdus de vue pendant dix ans, peuvent-ils être des amis une décennie après? Construit-on solidement sur des ruines d'amitié? Celui qui vous ressemblait le plus, et que vous appeliez votre meilleur ami, peut-il faire encore partie de votre vie lorsqu'il représente tout ce que vous détestez chez quelqu'un aujourd'hui? Les réseaux sociaux ne sont-ils pas des outils pour satisfaire notre curiosité? Je crois qu'aujourd'hui, le tri s'impose de lui-même, pour moi en tout cas. J'ai retrouvé au hasard une ou deux personnes avec qui j'ai pu retendre des liens distendus, mais qui n'avaient jamais complètement disparu. Rien de plus. Est-ce un échec? Absolument pas.

Le passé est une terre sur laquelle il est difficile de voyager, une étendue d'eau où l'on navigue à vue, à perte de vue aussi...

01.11.2009

Hier, aujourd'hui, demain...

Hier, aujourd'hui, demain... Le futur s'écrit au conditionnel, et mon passé simple n'était qu'un imparfait. Je ne dis pas que mon présent est indicatif ou impératif, mais je sais qu'il est en pleine réalisation. J'ai décidé de décomposer mon passé, car il était loin d'être plus que parfait... Bien au contraire. C'est un passé dont je cherche à me délester. Il y a des gens à qui il ne faut pas hésiter à dire au revoir, peu importent les conséquences dans un futur proche. Alors, tranquillement, je m'éloigne de ce passé simple, composé, antérieur. Je n'oublie rien, ni ce que j'ai vécu à la première personne du singulier ni à la première personne du pluriel, et garde tout cela comme un souvenir. Les souvenirs ne sont pas faits pour être revécus. Vivre le futur devient un impératif dès à présent. C'est aujourd'hui que je dois mettre en place ce que je veux devenir demain, n'est-ce pas? Je suis un nostalgique romantique, j'aimerais pourtant souvent revenir sur les terres de mon passé, des terres connues et familières. Le passé est familier, n'est-ce pas?

Hier, aujourd'hui, demain... Le futur n'est pour l'instant qu'indicatif. Rien ne dit si oui ou non, ma conjugaison du temps sera en concordance avec mes désirs. Toute expérience est bonne à prendre, paraît-il. Je n'ai pas vraiment de regrets, je me suis construit sur mes erreurs grammaticales. J'ai dit que j'ai aimé, en oubliant la négation. Parfois, je disais que j'allais bien, alors que mes conjonctions de coordination ne se coordonnaient plus. "Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard" a écrit Aragon. Avait-il raison? L'apprentissage est un roman qui s'écrit de jour en jour, avec ses ratures, ses pages déchirées... La peur est chez moi récurrente. Elle me fait avancer, tout autant qu'elle me paraît insurmontable. Paradoxe de ma linguistique cognitive.

Hier, aujourd'hui, demain... Mes propositions de vie sont relatives, subordonnées à quelques idées principales. Je commence à affiner mes idéaux de vie. Je crois que dans mon futur antérieur, j'avais oublié de prendre en compte quelques données. Demain ne doit pas être un autre hier. Je veux croire que j'ai appris de mes erreurs de syntaxe, de mes faux-sens. Je ne veux pas refaire les mêmes faute d'orthographe avec un autre pluriel oublié. Bien sûr, je sais que je me tromperai à nouveau, n'est-ce pas? Mais aujourd'hui, plus qu'hier, je vois le vertige de l'avenir comme un abîme de possibilités... A moi de faire les bons choix dans les conjugaisons de mon temps...